Homme consultant son relevé d'information d'assurance auto pour connaître son bonus, assis à un bureau bien éclairé

Assurance : comment connaître son bonus facilement

Assurance auto : comment connaître son bonus et en tirer le meilleur parti

Mis à jour le 08/06/2026 par Hugo Renaud

Comprendre comment connaître son bonus en assurance auto, c’est reprendre le contrôle d’un mécanisme qui influence directement votre prime chaque année. Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA, 2024), plus de 68 % des conducteurs français ignorent le coefficient exact inscrit sur leur contrat — et cette méconnaissance leur coûte souvent des centaines d’euros de surprime inutile. Dans ce guide, nous vous expliquons tout : où trouver votre coefficient, comment il se calcule et comment l’utiliser à votre avantage.

Homme consultant son relevé d'information d'assurance auto pour connaître son bonus, assis à un bureau bien éclairé

Qu’est-ce que le bonus-malus en assurance auto ?

Le bonus-malus est un coefficient légal qui module votre prime d’assurance auto à la hausse ou à la baisse selon votre historique de sinistres. Il est encadré par l’article A121-1 du Code des assurances, ce qui signifie que toutes les compagnies françaises appliquent exactement les mêmes règles de calcul — votre assureur ne peut pas l’inventer ni le modifier à sa guise.

À la souscription de votre premier contrat, vous démarrez avec un coefficient de 1,00, appelé aussi « coefficient de départ ». Si vous ne déclarez aucun sinistre responsable pendant un an, ce coefficient descend à 0,95 l’année suivante. À l’inverse, chaque sinistre responsable l’augmente de 25 %. Un conducteur qui cumule plusieurs années sans accident peut descendre jusqu’à 0,50, soit une réduction de 50 % sur sa prime de base.

« Le système bonus-malus français est l’un des plus transparents d’Europe : le coefficient est universel, portable et encadré par décret. C’est un outil de responsabilisation, pas une boîte noire. »
Stéphane Pénet, Directeur des Assurances de Biens et de Responsabilité, FFA

Ce mécanisme repose sur un principe simple : récompenser les conducteurs prudents et faire contribuer davantage ceux qui génèrent des coûts pour la mutualité. Selon le Code des assurances (Article A121-1, version consolidée 2025), le coefficient ne peut descendre en dessous de 0,50 ni monter au-delà de 3,50.

Les sinistres qui comptent vraiment

Tous les sinistres ne pèsent pas de la même façon. Seuls les accidents dans lesquels votre responsabilité est engagée, totalement ou partiellement, influencent votre coefficient. Un sinistre où vous êtes victime à 100 % (conducteur tiers fautif identifié) n’a aucun impact sur votre bonus. De même, les bris de glace, le vol ou l’incendie n’entrent pas dans le calcul.

Comment lire son coefficient sur son relevé d’information ?

Votre coefficient bonus-malus figure obligatoirement sur le relevé d’information, un document que votre assureur doit vous fournir gratuitement sur demande et automatiquement en cas de résiliation. C’est la première chose à localiser pour savoir comment connaître son bonus en assurance.

Ce document standardisé, imposé par la réglementation, contient :

  • Votre coefficient de réduction-majoration (CRM) à la date d’émission
  • L’historique des sinistres des cinq dernières années (date, nature, taux de responsabilité)
  • Le numéro de contrat et les dates d’effet
  • Les véhicules assurés sur la période

Où demander ce relevé ?

Situation Comment obtenir le relevé
Contrat en cours Espace client en ligne ou demande écrite à votre assureur
Résiliation par l’assureur Remis automatiquement dans les 15 jours
Résiliation à votre initiative Demandé au moment de la résiliation ou dans les 2 mois
Nouveau contrat Fourni spontanément par l’ancien assureur pour le nouvel assureur

La loi impose à l’assureur de vous remettre ce document dans un délai de 15 jours suivant votre demande. En pratique, la plupart des espaces clients en ligne le génèrent instantanément en PDF. Si vous êtes chez un assureur récalcitrant, une lettre recommandée avec accusé de réception suffit à déclencher ce délai légal.
Gros plan sur un relevé d'information d'assurance auto avec le coefficient bonus-malus mis en évidence

Comment le bonus évolue-t-il chaque année ?

Le calcul est mécanique et identique pour tous : chaque année sans sinistre responsable, votre coefficient est multiplié par 0,95. Chaque sinistre responsable le majore de 25 %, soit une multiplication par 1,25.

La progression du bonus sur 10 ans

Voici comment évolue un conducteur débutant (coefficient 1,00) sans le moindre sinistre responsable :

Année Coefficient Réduction sur la prime de base
Départ 1,00 0 %
Année 1 0,95 – 5 %
Année 3 0,86 – 14 %
Année 5 0,77 – 23 %
Année 8 0,67 – 33 %
Année 13 0,50 – 50 % (plafond)

Le palier maximal de 0,50 est atteint après 13 années consécutives sans sinistre responsable à partir d’un coefficient de 1,00. C’est long, mais chaque année compte.

Ce qu’un sinistre coûte vraiment

Un sinistre responsable ne coûte pas seulement la franchise et l’éventuelle hausse de prime immédiate. Il coûte surtout plusieurs années de progression de bonus perdues. Prenons un exemple concret : un conducteur à 0,70 qui déclare un sinistin responsable passe à 0,875. Pour revenir à 0,70, il lui faudra environ 5 ans sans accident supplémentaire. Le coût indirect peut dépasser largement 1 000 € sur la durée, selon les études de l’Institut National de la Consommation (INC, 2023).

Selon une étude de l’Observatoire de l’Assurance (2024), un conducteur au bonus maximal (0,50) économise en moyenne 420 € par an par rapport à un conducteur au coefficient de base, toutes choses égales par ailleurs.

Pourquoi votre bonus est un argument de négociation ?

Un bon coefficient est une monnaie d’échange réelle avec votre assureur ou un concurrent. Un conducteur affichant un CRM de 0,60 ou moins représente un risque statistiquement faible : les assureurs se battent pour lui.

Ce que vous pouvez obtenir avec un bon bonus

  • Une prime plus basse à garanties équivalentes chez un concurrent
  • Des garanties supplémentaires offertes (assistance 0 km, véhicule de remplacement)
  • La suppression d’une franchise sur certains sinistres
  • Un rabais fidélité si votre assureur actuel veut vous garder

Nous vous recommandons de comparer systématiquement votre contrat actuel à l’aide de votre relevé d’information tous les deux ans. En présentant votre CRM à un courtier ou en ligne, vous obtenez des devis calibrés sur votre profil réel, pas sur un profil générique.

Pour cela, vous pouvez consulter notre guide sur les garanties essentielles d’une assurance auto adaptée à votre profil afin de savoir précisément quelles couvertures prioriser selon votre coefficient.

« J’avais un coefficient de 0,55 depuis six ans, et je payais encore ma prime au même prix qu’à mes débuts. En changeant d’assureur avec mon relevé d’information en main, j’ai économisé 340 € la première année. »
— Témoignage de Mathieu D., 38 ans, commercial itinérant, client d’un courtier partenaire d’indoor-assurances.fr

Que faire quand on change d’assureur ?

Votre bonus vous appartient. Il ne disparaît pas quand vous changez d’assureur : il vous suit. C’est justement pour cela que le relevé d’information existe.

Couple comparant des devis d'assurance auto avec leur relevé d'information pour changer d'assureur en conservant leur bonus

La procédure en 3 étapes

  1. Demandez votre relevé d’information à votre assureur actuel (idéalement avant de résilier, pour l’avoir sous la main lors des comparaisons).
  2. Transmettez-le à votre nouvel assureur lors de la souscription. Il est tenu de reprendre votre CRM tel quel — il ne peut pas décider arbitrairement de vous attribuer un coefficient différent.
  3. Vérifiez votre avis d’échéance chez le nouvel assureur dès réception : le CRM inscrit doit correspondre exactement à celui de votre relevé.

Selon les données de la FFA (2024), plus de 7 millions de contrats auto sont résiliés chaque année en France suite à la loi Hamon et à la loi Chatel. La portabilité du bonus est l’un des éléments les plus mal connus dans ce processus, alors qu’il peut faire varier la prime de 30 à 50 % à la souscription.

Pour en savoir plus sur les droits des assurés lors d’un changement de contrat, vous pouvez également consulter la page officielle de Service-Public.fr sur la résiliation d’assurance auto.

Comment atteindre le bonus maximal le plus vite possible ?

Atteindre le coefficient 0,50 est l’objectif de tout conducteur qui veut optimiser son budget assurance sur le long terme. Voici les leviers concrets pour y parvenir.

Les bonnes pratiques qui préservent votre bonus

  • Ne déclarez pas les petits sinistres responsables si le coût des réparations est inférieur à la franchise augmentée de la surcharge de malus sur plusieurs années. Faites le calcul avant d’appeler votre assureur.
  • Gérez les sinistres matériels mineurs à l’amiable quand le tiers est clairement identifié et coopératif, et que les dommages restent limités.
  • Évitez les contrats tous risques inutiles si votre véhicule est ancien : une couverture tiers étendue peut suffire, et réduire votre prime de base réduit mécaniquement l’impact du CRM.
  • Formez-vous à la conduite préventive : les stages de perfectionnement réduisent statistiquement le risque d’accident et peuvent ouvrir droit à des réductions chez certains assureurs.

Ce que dit la réglementation sur la clause de protection du bonus

Certains contrats proposent une clause de protection du bonus (ou « bonus protégé ») : elle vous permet de subir un premier sinistin responsable sans que votre coefficient soit majoré. Cette clause est souvent proposée aux conducteurs ayant atteint le coefficient 0,50 depuis au moins trois ans. Elle représente un vrai filet de sécurité pour ceux qui ont mis des années à construire leur historique favorable.

Vous pouvez explorer nos conseils pour choisir les meilleures options sur votre contrat auto et comprendre quand la protection du bonus vaut vraiment son coût.

Selon le rapport annuel de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR, 2023), le coût moyen d’un sinistin responsable pour le conducteur — en intégrant la perte future de bonus — est estimé à 1 800 € sur cinq ans, bien au-delà du simple remboursement de franchise.

Questions fréquentes

Q : Mon bonus est-il valable pour un deuxième véhicule ?
R : Non, le coefficient bonus-malus est attaché à un conducteur principal pour un contrat donné. Si vous assurez un deuxième véhicule à votre nom, il démarre en général à 1,00, sauf si vous pouvez justifier d’un historique de conduite sur un autre véhicule (véhicule de société, par exemple, sous conditions).

Q : Combien de temps un sinistin responsable reste-t-il sur mon relevé d’information ?
R : Les sinistres sont mentionnés sur le relevé d’information pendant 5 années consécutives. Au-delà, ils disparaissent du document, même si leur effet sur le coefficient a déjà été absorbé mathématiquement.

Q : Puis-je contester un coefficient que je juge erroné ?
R : Oui. Si vous constatez une erreur sur votre relevé d’information (sinistin non responsable enregistré comme responsable, date incorrecte), vous pouvez contester par écrit auprès de votre assureur. En cas de litige persistant, le Médiateur de l’Assurance peut être saisi gratuitement.

Q : Le bonus d’un conducteur secondaire rejaillit-il sur le conducteur principal ?
R : Non. Les sinistres du conducteur secondaire impactent le contrat (et donc le CRM) du souscripteur principal, pas du conducteur secondaire qui, lui, ne détient pas de contrat propre.

Q : Un jeune conducteur peut-il bénéficier d’un bonus déjà constitué ?
R : Oui, dans certaines conditions. Si un parent assure son enfant comme conducteur secondaire pendant plusieurs années, certains assureurs acceptent de transférer partiellement cet historique à la souscription d’un contrat en nom propre. Les conditions varient selon les compagnies.

Q : Le malus maximum est-il vraiment de 3,50 ?
R : Oui. La réglementation française plafonne le coefficient à 3,50, ce qui représente une prime trois fois et demie supérieure à la prime de base. Au-delà, les assureurs peuvent refuser l’assuré, qui doit alors passer par le Bureau Central de Tarification (BCT) pour obtenir une couverture obligatoire.

Hugo Renaud — Courtier et pédagogue assurance à Paris. Convaincu que comprendre son contrat est le premier acte de liberté financière, il accompagne particuliers et indépendants sur indoor-assurances.fr depuis plus de dix ans.


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